« Brooklyn, Bronx, Queens and Staten
From the Battery to the top of Manhattan
Asian, Middle-Eastern and Latin
Black, White, New York you make it happen » Beastie Boys
J’ai rencontré quelqu’un jeudi dernier.
C’était un jour d’hiver, glacial et sombre. Un ciel à la Ivan Konstantinovitch.
Alors que j’étais assise sur la banquette d’un café, un peu engourdie, mon attention était toute vouée à mon café.
Qu’il est agréable de saisir ses mains glacées contre la tasse fumante.
Quelques secondes ou minutes disparaissent. Mes pensées m’emmènent vers un ailleurs.
Elle se tient devant moi. Une jeune femme en noir.
Je la fixe des yeux mais je ne la vois pas.
E. : Bonjour, c’est toi Sandra ? »
Je me sens comme basculée. Une mise au point sur le décor que j’avais brièvement quitté. Je reprends conscience de mes sens.
Mes doigts me brûlent.
Moi : « oui, tu viens pour l’interview… Emmanuelle c’est ça ? »
Elle s’appelle Emmanuelle Dufour.
Une musicienne. Elle joue du piano depuis quatorze ans. Chanteuse en plus ! Une chanteuse alto en jazz et soul.
Elle entre en 2007 à l’ICART, l’école de gestion des carrières artistiques pour lier sa passion pour la musique avec sa carrière professionnelle. Un projet professionnel bien ancré puisqu‘elle se destine dès ses premières années d’études à l’industrie du disque.
Trois années d’études écoulées et de nombreux stages dans des agences de production musicale.
Elle commence tout d’abord chez Heben Music, une société de production musicale. Un premier stage découverte où elle assiste le groupe de communication. Ses missions sont diverses et variées. De la promotion au Marketing.
Un stage qui lui laissera un souvenir impérissable. Un premier pas dans la nébuleuse musicale où elle découvre ses mécanismes et ses rouages. C’est aussi une expérience humaine. Chaleureuse, agréable, Emmanuelle sait se faire apprécier et écouter. Ses qualités ont été largement appréciées puisqu’elle noue des liens avec son équipe qu’elle côtoie encore aujourd’hui.
Plus autonome, elle choisit d’effectuer son second stage pour le label Nocturne, une maison de production indépendante. Remplaçante de l’Attaché de Presse, elle se voit attribuer beaucoup de responsabilités. C’est grâce à ses contacts et sa débrouillardise qu’elle réussie à mener la promotion des artistes de renoms tels que Sandra NKAKE.
L’industrie de la musique, aujourd’hui de plus en plus concurrentielle, ne laisse que très peu de place aux labels indépendants.
Le label ne survit pas.
Le stage prend fin.
Encore 3 mois…
Emmanuelle, aussitôt libre, aussitôt prise.
Contactée par une agence de communication culturelle tenue par une Attaché de Presse en Free Lance. Elle travaille en tant qu’assistante sur un projet d’art, un projet qui manque de mélodie.
Une expérience au cœur des aléas des métiers de la communication ou le contact humain compte.
Quelque chose manque, des différences, de l’incompréhension.
La mésentente et l’absence d’affinité avec le projet mettent fin au stage.
——- NYC———
Paris / New York City.
3600 miles.
03.09.2009.
Quatre mois en échange à New York.
Parfaire son anglais et vivre quelques mois dans le berceau de la musique soul et Jazz.
Ce pays, riche par son histoire et son métissage est vivement animé par la musique considérée comme un langage, un signe identitaire.
Les disquaires sont répandus à NY, dans la rue. Les salles de concerts présentent des programmations éclectiques. Les labels indépendants sont connus et appréciés du public.
Emmanuelle souhaite obtenir un stage dans une des plus prestigieuses maisons de production américaine : Island Records ou Atlantic Records, producteur des artistes Led Zeppelin, Ray Charles, Estelle ou encore Jay-Z.
Finalement engagée chez Atlantic Records. Appartenant au groupe Warner Music, elle représente le A du sigle WEA (Warner, Elektra, Atlantic) elle s’occupe de l’analyse des ventes d’albums, du suivi de la promotion des artistes, du Booking, de la presse et de la mise en place de la stratégie de Marketing qu’elle doit coordonner entre tous les groupes Warners présents dans le monde entier.
Du Mexique au Japon en passant par l’Australie, la dimension internationale inhérente à son stage lui permet de parfaire son anglais et d’appréhender la promotion des artistes internationaux.
Elle profite également des avantages que lui offre la renommée d’Atlantic Records.
Elle participe à de grands événements musicaux, des avant-premières et rencontre le BIG BOSS du groupe Atlantic.
Une grande entreprise ou chaque stagiaire à sa place. Surprise, Emmanuelle se réjouit de la considération qu’on lui porte à toutes les échelles hiérarchiques.
La journée s’écoule. Le soir tombe. Les lumières de la ville prennent le relais.
Bus. Métro Colombus Circle près de Times Square. Arrivée en plein Manhattan.
Emmanuelle change d’identité de stagiaire pour celle d’étudiante à l’ICART.
Des cours de 07 PM à 9PM.
Guest speaking (cours d’expression orale) met au défi la timidité. Media et culture de masse. Anglais. Analyse de films New Yorkais pour s’imprégner de la culture locale.
9PM Sonne.
Direction Chelsea pour son foyer. Une Maison habitée par plus de 16 étudiantes, sans compter les petites souris. Un jardin pour respirer, contempler et recueillir les premières neiges.
——- PARIS——-
Quatre mois se sont déjà écoulés.
Emmanuelle repart pour Paris.
Des expériences, des rencontres, une analyse sur le terrain qui lui sera essentielle pour la rédaction de son mémoire sur les origines de la musique afro-américaine.
Trois années d’études, trois expériences dans l’industrie de la musique et une vocation certaine pour ce milieu.
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Propos recueillis par Sandra Marchand
Etudiante à l’EFAP
ICART, l’école du commerce de l’art et de la médiation culturelle