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Niveau II

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MARY-FAURE, j’adore !

Puisant son inspiration dans l’observation opiniâtre des objets familiers témoins du temps qui passe, MARY-FAURE leur accorde une existence propre riche de sensations et de sentiments. L’expression de MARY-FAURE, entre figuration et abstraction, est intimement liée au lieu qui reçoit ses oeuvres, qu’elle investit par des installations épurées dans lesquelles objets et oeuvres en deux dimensions entrent en résonance. MARY-FAURE est une artiste que l’on qualifie de nos jours de “plasticien”. Elle utilise plusieurs techniques d’expression pour exprimer son art : la peinture, la gravure et les installations. Petit voyage onirique dans le monde de Mary Faure…

Quelles techniques employez-vous? Sur quels thèmes travaillez-vous ?
J’utilise en permanence plusieurs techniques de représentation, souvent présentées en installations: dessins, peintures, gravures, photographies numériques montées en vidéo, et objets mis en scène.
Dans mon travail, le temps qui passe, le fugitif, les traces que nous laissons dans les objets ou que laissent les objets de notre vie sont des thèmes récurrents.

Depuis quelques années, j’ai beaucoup évoqué dans mes travaux les formes de l’oreiller du matin, froissé, tassé, dont les plis révèlent à ceux qui les lisent les mystères du dormeur. Cet objet qui nous accompagne tout au long de notre vie est léger, anodin ou même drôle, mais il peut aussi devenir grave. Il me permet d’exprimer des émotions contradictoires.

Je travaille aussi sur les autres objets du quotidien, pour les traces que je leur fais produire sur le papier ou la toile, ces empreintes étant pour moi un hommage à leur existence, et à ceux qui les ont produits. Je leur donne une nouvelle utilité, une intériorité. Cela me permet de gommer la frontière entre le figuratif et l’abstrait.
Et puis, dans ces plis de tissu ou dans les traces de passage des objets, une nouvelle réalité se fait jour: la plupart du temps, c’est l’humain qui se laisse deviner, inventer, dénicher.
J’aime associer la représentation des objets et les empreintes, ou laisser seulement les empreintes s’exprimer seules… L’œuvre devient abstraite, mais le réel est sous-jacent.

Pourquoi le noir et le blanc ? Pas de couleur ?
J’aime faire dialoguer la pureté de la lumière et la force du noir. Ces couleurs ont une grande valeur symbolique. Leur combinaison permet toutes les valeurs de gris, qui construisent les volumes par le jeu de la lumière et de l’ombre, et laissent s’exprimer les formes sans fioritures.

Le noir et blanc me permettent aussi d’exprimer les oppositions, les contrastes, la simultanéité des situations opposées: ordre et désordre, calme et violence, sérénité et angoisse, solidité et fragilité. Cette dualité se retrouve aussi dans l’emploi de formes carrées, stables, confrontées aux formes arrondies, plissées, écrasées, ou diffuses, évanescentes.

Je travaille aussi en couleur, avec des tons doux, des bleus, gris colorés, et des couleurs de terre. Parfois, des couleurs plus vives apparaissent !

Comment vous définissez vous ? Peintre, graveur, autre ? 
Je pratique en alternance plusieurs disciplines, et il ne m’est pas facile de donner une seule réponse. Aujourd’hui on parle souvent “d’artiste plasticien. Sur mes cartes, vous lirez: “peinture, gravure, installations”.

Pour moi, le dessin est une expression à part entière, surtout si je réalise des travaux de grande dimension. Mais j’essaie de travailler simultanément le dessin et la peinture et la gravure.

Pour la gravure, j’emploie des méthodes classiques de la “taille douce” sur plaque de cuivre, zinc ou acier: pointe sèche, manière noire, aquatinte, eau forte. Mais j’aime surtout l’expérimentation, à travers l’invention et la superposition de techniques, l’emploi de matériaux inhabituels, voir surprenants. C’est un moyen passionnant de rendre actuel un art très ancien à l’image un peu surannée dans l’esprit du public. Les résultats plastiques obtenus sont très contemporains.

L’intérêt de la gravure réside aussi dans le coût, bien inférieur à celui des peintures, du fait de la possibilité de reproduire les œuvres en plusieurs exemplaires.

J’ai fondé avec d’autres artistes l’association IMPRESSIONS D’ENCRE dont le but est de promouvoir la gravure à travers des expositions à la scénographie inattendue où plusieurs expressions artistiques entrent en résonance. Notre premier vernissage de groupe à Paris a eu un franc succès !

J’aime mettre en scène des installations à chaque fois que le lieu d’exposition le permet. Je reviens ainsi au »réel » en associant aux œuvres en 2D des objets récupérés ou fabriqués, ou j’associe des diaporama et des video. C’est pour moi presque une nécessité, un moyen d’être bien dans le 21ème siècle.

Où exposez-vous en ce moment ?
J’installe un dessin de grande dimension dans le hall de l’hôtel de ville de Fontenay-sous-Bois, dans le cadre de la manifestation ARTCITE, du 28 septembre au 17 octobre 2009.

Peut on vous acheter/commander des oeuvres via internet ?
Quelques œuvres sont visibles sur mon site  et il est possible de me contacter directement.

Merci Mary et à bientôt…

Propos recueillis par Mélanie Barrow

ICART, l’école du commerce de l’art et de l’action culturelle.


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