Oxana BONDARENKO a créé sa propre agence de communication artistique The—-july—-16

Oxana Bondarenko, diplômée de l’Icart en 2005, a crée sa propre agence de communication artistique.
As-tu suivi un autre cursus avant d’intégrer l’Icart ?
Dans l’art non. Je suis diplômée de l’école de médecine de Russie, spécialisée en dermatologie et j’ai même exercé ce métier.
Pour quelles raisons as-tu choisi d’intégrer cette école ?
Adolescente, je savais déjà que je voulais travailler dans le milieux artistique, collaborer avec des artistes. De même, j’ai toujours voulu vivre à l’étranger et voyager.
Durant mes études de médecine, je fréquentais des milieux complètement différents : celui des « blouses blanches » et j’organisais en parallèle des petites expositions pour mes amis artistes, chez moi ou à l’université.
Je voulais donc me tourner vers ce milieu mais il n’y a pas d’école ou d’institions spécialisée dans le commerce de l’art. La signification du « marché de l’art » comme on l’entend en France n’existe pas en Russie. C’est un pays qui ne dispose pas de législation ou de droit spécialisé dans l’art.
C’est pour toutes ces raisons que j’ai pris la décision de poursuivre mes études à l’ICART, pour ainsi comprendre les mécanismes du marché, m’insérer dans le milieu artistique européen et me plonger au sein des ventes aux enchères.
Pourquoi Paris ? C’est très simple… Pour l’amour ! Cela fait maintenant 10 ans que je vis à Paris et c’est bien la seule ville en Europe où je veux vivre.
Comment s’est déroulée ton intégration en France et à l’Icart ?
Je ne me suis pas posée cette question… Attendez je vais réfléchir.
Ce sont deux expériences complémentaires pour moi. En France, et plus particulièrement à Paris, on peux vivre « à côté », comme une sorte de « voisinage », sans pour autant entrer dans l’intimité de cette ville… on peut se laisser aller à la sociabilité comme à la solitude.
Dans une petite société comme celle d’une classe, malheureusement ou heureusement, on ne peux pas rester « individuel » et « solitaire »… on doit communiquer et comprendre comment fonctionne cette société, avec sa mentalité propre et différente de la mienne.
J’ai fait le choix de vivre dans ce pays, donc je me dois d’aller vers les gens.
Au final, je me suis bien adaptée à la vie française.
Une seule difficulté m’a empêché de communiquer autant que je l’aurais voulu avec les ICARTiens, c’est le problème de la langue.
Je suis entrée à l’école après juste une année de cours de français. Autant dire que j’ai commencé à partir de zéro et je ne maîtrise pas le français aussi bien que le russe.
C’était le seul obstacle entre moi et l’Icart, mais cela ne m’a pas du tout bloqué, c’est seulement un effort en plus.
Peux-tu nous raconter les différents stages effectués durant tes études ?
Que-t-ont ils apportés ?
Pendant mes études à l’ICART, je voulais entrer sur le marché des tableaux anciens et de l’art moderne. J’ai donc fait des stages dans le cabinet de Patrick de Butte, un antiquaire, et dans une galerie d’art moderne.
Ces stages ont été l’occasion de travailler en tant que consultante pour des collections privées de Russie. J’ai appris les rouages du commerce de l’art et j’ai commencé à collectionner assez tôt, tout en étant encore étudiante à l’ICART.
Durant la dernière année d’ICART, j’ai fait un stage dans la galerie d’art contemporain russe. Lors de ce stage, j’ai compris qu’il existait un énorme fossé entre nos deux pays au niveau de la communication artistique.
Mon dernier stage se déroula au sein de World Fine Art Fair, une foire d’antiquité à Moscou organisée par l’Art Culture Studio. C’est à ce moment que j’ai su que j’étais faite pour jouer ce « pont d’échange culturel » entre la Russie et l’Europe.
A mes débuts, j’étais plutôt attirée par l’art ancien, maintenant, je me positionne complètement sur la scène d’art contemporain.
Diplômée de l’Icart en 2005, tu as aujourd’hui créé ta propre agence de communication artistique.
Peux-tu nous décrire cette agence ?
Avant de créer ma propre agence de communication artistique, j’ai acquéri beaucoup d’expérience en travaillant en tant que directrice artistique pour la fondation privée russe que j’ai crée pour l’un de mes collectionneur et qui voulait promouvoir l’art contemporain russe à l’étranger. J’ai organisé une grande exposition pour cette fondation à la Biennale de Venise 2007, j’ai organisé des voyages pour des collectionneurs européens en Russie et j’ai collaboré avec la biennale de l’art contemporain à Moscou.
En travaillant pour ces grands organismes et sur des projets basés sur “un art pur”, j’ai senti le besoin de créer une structure, plus souple, dynamique et modifiable selon les besoins du marché.
Mes objectifs sont toujours les mêmes : je travaille sur un échange culturel entre la Russie et le monde entier. Mon but est de montrer à l’étranger une création artistique actuelle de mon pays natal et apporter en Russie une expérience artistique européenne sous différentes formes : projets de curateur, exposition personnel, conférence avec des spécialistes dans notre domaine.
Ma méthode de travaille passe par la collaboration ou par la participation à des projets de communication événementielle pour de grands événements culturels. Par exemple, cette année, j’introduis trois projets dans le cadre de l’année culturelle Russie France 2010, deux vont se dérouler en Russie et l’un à Paris.
L’année prochaine, je vais me concentrer sur la 4ème Biennale de l’art contemporain de Moscou et la Biennale de Venise.
L’organisation d’événements culturels constitue une grande partie de mes activités.
Je travaille comme agent artistique pour trois artistes et je suis également consultante pour les collectionneurs.
En résumé, mes activités vont de l’art-consulting, art-management à l’organisation d’événements.
Mon travail au quotidien… bonne question ! Il faut demander à mon petit ami… je voyage beaucoup, je visite presque tout les salons d’art contemporain dans le monde entier, et je passe beaucoup de temps devant mon ordinateur, avec mes artistes, mes partenaires et mon équipe.
Pourquoi as-tu choisi d’ouvrir cette agence en France ?
Parce que je veux vivre ici, je me sens bien en France, cette ville m’inspire et je réfléchi mieux ici qu’ailleurs.
Je trouve qu’en France, il y a plus d’opportunités pour moi en tant qu’organisatrice d’événements, surtout cette année, l’année culturelle Russie France 2010.
Quelles sont les projets d’évolution de l’agence ? Ses futurs projets ?
Cette année, je me concentre sur deux pays qui comptent beaucoup pour moi : la Russie et la France. J’ai deux expositions en cours. La première est une représentation de 5 artistes russes dans le cadre du parcours Saint Germain, le quartier historique intellectuel de Paris, un événement annuel qui se déroule pour la 10ème fois cette année.
Pour la première fois, le Parcours Saint Germain accueille des artistes russes chez Dior, l’église Saint Germain, Sonia Rykiel, l’hôtel Bel ami et Ralph Lauren.
j’ai choisi les artistes en considérant l’atmosphère du lieu, l’histoire des espaces.
Tous les meilleurs noms de la jeune scène contemporaine russe seront exposés en France.
La deuxième exposition concerne le mouvement tendance de l’année, une culture dite « alternative » : le street-art.
Je présente 6 jeunes représentants français de ce mouvement à Moscou pour les exposer dans le cadre de la Biennale Internationale des Jeunes Artistes à Moscou au mois de juillet. Pour donner un coté institutionnel à cette exposition, j’ai invité Magda Danysz à Moscou pour la lecture et la présentation de son dernier livre.
Dans un futur proche, je prévois d’organiser en France une exposition plus institutionnelle avec des artistes russes… ce sont des artistes qui ont grandi en Russie après la fameuse perestroïka. Cette exposition a pour ambition de montrer au public français la richesse artistique russe qui est, malgré l’ouverture des frontières, très peu connue en Europe.
Mon année 2010 est bien rempli, et j’ai déjà des projets pour 2011 !
Deux grands événements d’art contemporain : la biennale de Moscou et la biennale de Venise.
Tes domaines d’activités sont centrés autour de l’art contemporain, design, architecture… peux-tu nous écrire quelques mots sur ces affinités artistiques et ta relation avec l’art français et l’art russe.
C’est l’une des raisons pour laquelle je me suis mise à mon compte.
Mon objectif professionnel est très simple, je souhaite me positionner sur le croisement des matières visuelles car je ne distingue pas de frontières entre l’art et le design, l’art et théâtre, l’art et l’architecture, la musique… je veux infiltrer l’Art en choisissant des artistes de tous les secteurs.
Depuis Diagilev, le fondateur des ballets russes, de grands artistes ont été introduit comme décorateurs, metteurs en scène, etc. dans ces ballets.
Prenons l’exemple d’un de mes architecte préféré, Luis Barragan ou les constructivistes russes comme Tatline… ces créations architecturales sont considérées comme des pièces de collections.
Le Parcours St Germain est comme une plateforme de représentation artistique car les espaces de luxe originellement consacrés à la mode sont infiltrés par l’art de manière à attirer l’attention du grand public vers la création artistique et non pas seulement ceux des spécialistes. C’est aussi l’occasion pour moi de travailler avec les artistes sur la scénographie des œuvres alors introduites dans des espaces publics.
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Oxana Bondarenko
creative director
the—-july—-16
http://www.thejuly16.com
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Propos recueillis par Sandra Marchand, étudiante à l’EFAP.